Histoire de Dugny

Le 20e siècle marque une rupture définitive avec le passé. Encore village de campagne en 1900, Dugny se transforme en petite ville de la banlieue parisienne.

La moitié de son territoire est utilisée en 1914 par l’installation du champ d’aviation tandis que le Département rachète les terres labourables pour y construire des HBM (habitations bon marché) en 1924. La population change. Devenue fortement militaire, elle est aussi composée de familles ouvrières qui trouvent des emplois à l’aéroport et dans les grands sites industriels de la région parisienne.

La ville s’équipe : assainissement, électrification, téléphone, transports en commun, centre de santé, écoles C’est la décennie du grand « boom » économique,  brutalement stoppé par la crise de 1934 puis par la  Seconde Guerre Mondiale.

De 1940 à 1944, Dugny paie chèrement son voisinage avec l’aéroport, par 15 bombardements aériens dont celui du 16 août 1943 qui détruit totalement la ville. Dugny est abandonné, la population dispersée, le Conseil municipal réfugié à Stains.

Dès 1947, Dugny renait de ses cendres, grâce à la volonté des Dugnysiens, de la municipalité et de son maire, François Larivière. Une ville nouvelle sort alors de terre. La priorité est donnée au relogement des populations sinistrées, avec la construction de nombreux immeubles individuels et collectifs.
Dans les années 1950, sont logés les employés du Gaz et de l’Électricité puis dans les années 1960, les rapatriés d’Algérie ainsi que la population issue du grand Bidonville démantelé de Saint-Denis - La Courneuve. Les années 1970 voient l’arrivée des nouvelles populations immigrées.

1975 marque le début des difficultés économiques. La manne financière de l’aéroport transférée à Roissy disparaît. La désindustrialisation de la région parisienne et la crise du pétrole provoquent un taux de chômage explosif. La délinquance urbaine apparaît. Les terres constructibles sont limitées par l’extension du parc départemental Georges-Valbon. La base aérienne militaire est désaffectée en 1984.

Dugny

L’écusson de Dugny est un "écarté", écu divisé en 4, les motifs se retrouvant en diagonale 2 à 2.

Les quarts supérieur gauche et inférieur droit représentent les armes de France ou de l’abbaye de Saint-Denis dont Dugny dépendait au Moyen-âge : fond bleu azur avec trois fleurs de lys et un clou argenté.
Les fleurs de lys symbolisent la royauté de France et le clou est le souvenir d’un des clous ayant servi à crucifier Jésus-Christ, et que le roi Saint-Louis fit ramener des croisades à Saint-Denis en 1248.

Les quarts supérieur droit et inférieur gauche évoquent Dugny-en-France : le fond rouge représente la plaine de France, les trois gerbes de trois épis de blé rappellent qu’il s’agissait des cultures de cette région, et le fer à moulin d’argent évoque l’activité principale de Dugny : la meunerie du blé grâce aux moulins à eau fonctionnant à l’époque.

L’écu est ceint de la Croix-de-guerre 1939-1945 avec palmes, citation que la ville reçut en 1948, en mémoire de sa destruction lors du bombardement du 16 août 1943 et de l’attachement des Dugnysiens à sa renaissance.

vue dugny

Maire : André Veyssière (depuis 1989)
Population : 10 789 (au 1er janvier 2011)
Nom des habitants : Dugnysiennes, Dugnysiens
Région : Île-de-France
Département : Seine-Saint-Denis
Arrondissement : Bobigny
Canton : Le Bourget
Intercommunalité : Communauté d’Agglomération de l’Aéroport du Bourget (CAAB)
Densité : 2 726 hab/km²
Superficie : 389 hectares

L’aéroport du Bourget occupe environ 200 hectares du territoire de la commune.

Les communes voisines de Dugny

En Seine-Saint-Denis :

  • Stains et La Courneuve, à l’ouest dans la Communauté d’Agglomération Plaine Commune ;
  • Le Bourget au sud, dans la Communauté d’Agglomération de l’Aéroport du Bourget ;
  • Le Blanc-Mesnil à l’est.

Dans le Val-d’Oise :

  • Bonneuil-en-France au nord ;
  • Garges-lès-Gonesse au nord, dans la Communauté d’Agglomération du Val de France.
plan

Situé sur un plateau entouré de marais, au carrefour de sept rivières, le site de Dugny est occupé dès les époques gauloises et mérovingiennes. Dugny vient du gallo-romain Duniacum qui signifie domaine de Dunius, son propriétaire. Plus tard, le site fut surnommé Dugny-en-France, du nom de la plaine située entre Paris, le Parisis et le Vexin.

En 1119, Dugny appartenait au prieuré de Saint-Martin-des-Champs puis au diocèse de l’abbaye de Saint-Denis. Vers 1700, Dugny dépendait du département de Gonesse qui fournissait le blé et le pain pour la population parisienne. 

Le village comptait 200 habitants, des familles nobles, des artisans, des manœuvres employés aux trois moulins à eau de la paroisse mais aussi deux laboureurs et dix boulangers. Les terres étaient la propriété exclusive de la noblesse et du clergé catholique.

L’ancien régime fut clos par la Révolution Française, et la vente en 1791 des biens de l’Église et de la noblesse. Dugny équipa en 1792-1793 dans l’enthousiasme républicain 9 volontaires pour aller défendre la Patrie en danger aux frontières. Une des pierres de la Bastille démantelée fut remise à la commune en 1793, et un arbre de la Liberté y fut planté. 

En 1814-1815, lors de la Restauration, Dugny fut occupé par l’armée russe qui y fit des dégâts. En 1870, lors de la guerre franco-prussienne, Dugny eut à souffrir de l’occupation prussienne, et de la bataille du Bourget. Sous Le feu des canons, l’église fut détruite et le village dévasté.

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Recensement de la population de Dugny entre 1801 et 2010

Année de recensement Population
1801 322
1861 594
1876 517
1881 601
1901 644
1906 618
1911 615
1921 1 380
1926 3 315
1931 4 307
1936 4 289
1946 1 391
1954 6 960
1962 7 540
1968 8 695
1975 8 094
1982 8 451
1990 8 361
1999 8 641
2004 10 679
2006 10 023
2009 10 679
2010 10 519

 

mairie

A partir des archives communales, découvrez tous les maires qui se sont succédés depuis 1789.

1789 : Pierre TROSSU
1791 : Nicolas DEVAUX
1794 : Joseph BERTUCAT
1795 - 1801 : Dissolution nationale des conseils municipaux.
1801 : Joseph BERTUCAT
1807 : ROSSIGNOL
1815 : Jean Jacques LEBLANC
1816 : Joseph BERTUCAT
1820 : Pierre Benoist BUREL
1826 : Jean François LAUGIER
1828 : Baron Alexandre CRETTÉ DE PALLUEL
1830 : Pierre Dominique BUCAILLE
1836 : Chevalier Charles François SOMMEILLIER
1854 : André Camille THIÉQUOT
1860 : Baron Jules CRETTÉ DE PALLUEL
1871 : Étienne BLANC
1874 : Jules GIRETTE
1876 : Édouard ROUQUIER
1884 : Jules GAUTIER
1892 : Félix TUGOT
1893 : Pierre DELAPLACE
1895 : Édouard GUÉRIN
1900 : Jean-Baptiste SOLIN
1903 : Ernest AMELIN
1903 : Henri LIONNET
1919 : Vincent LOBJOIT
1922 : François DURET
1924 : Jules CARPENTIER
1925 : Marcel BOISSEAU
1935 : Léon CLÉMENT
1940 : Antonin POGGIOLI (Président de la Délégation Spéciale, Maire du Bourget)
1942 : Léon CLÉMENT
1944 : François LARIVIÈRE (Président du Comité Local de Libération)
1944 : Emmanuel LAMBERT (Président de la Délégation Spéciale)
1945 : François LARIVIÈRE
1965 : Félix LACAN
1989 : André VEYSSIÈRE (réélu en 1995, 2001, 2008 et 2014)