Adolphe WERSAND

Né à Paris 10e le 30 juillet 1915.
Fusillé au Mont-Valérien, à Suresnes (Hauts de Seine) le 14 février 1944.

Rue : délibération du Conseil municipal du 22 mars 1961.
Ancienne rue du moulin.

Adolphe Wersand, né à Paris en 1915. Aîné d’une famille ouvrière de huit enfants dont le père est d’origine belge et la mère Champenoise, qui s’installe à Dugny en 1924 dans la cité-jardin, au 11 de l’allée des marronniers.

La famille est durement touchée par la crise économique qui sévit dans les années 1930. Adolphe Wersand au chômage en 1936 parcourt la France en vélo avec des amis à la recherche de travail. Arrêté pour vagabondage à Mont-de-Marsan, il est enrôlé de force dans l’armée pour 5 ans au 1er régiment de hussards à Tarbes, avant de reverser au 21e Régiment Colonial, les « Marsouins », qui en 1939 rejoint le front Nord à la déclaration de guerre avec l’Allemagne.

Blessé, puis fait prisonnier pendant les combats de mai 1940 dans l’Yonne, il s’évade et rejoint son régiment replié dans le Sud, à Bellegarde près de Arles. Sa famille restée à Dugny subit le 3 juin 1940 le bombardement allemand de la ville, qui voit la destruction de sa maison. C’est le temps de l’exode et de la dispersion. La maman blessée et paralytique est placée à l’hôpital Tenon de Paris, puis évacuée à Méru (Oise) où elle décède peu après. Tandis que le père, Adolphe Théodore Wersand, après son exode dans la Sarthe, trouve refuge au Bourget, 27 rue Rigaud, où il tente de regrouper ses enfants. Une des filles, malade, est placée à l’hôpital, tandis qu’une autre, mineure, s’en va travailler en Allemagne. Les deux derniers enfants, en bas âge, sont placés en orphelinat. Seule ne reste que l’aînée avec lui.

Après l’invasion allemande de la Zone Sud en novembre 1942, Adolphe Wersand, démobilisé de l’Armée d’Armistice, rejoint son père au Bourget au début de 1943. Il est embauché comme manœuvre chez Garnier à La Courneuve. Patriote et désireux d’agir contre l’occupant nazi, il rejoint le « groupe action » de Ceux-de-la-Résistance, commandé par Henri Manigart allias « Papa ». Affilié aux détachements Marceau et Carré, il participe à des actions armées contre les Allemands à Saint-Denis, à Pierrefitte et à Gonesse. Le 23 juillet 1943, son groupe attaque le commissariat de police de Livry-Gargan.

Dénoncé par un membre de son groupe, Adolphe est arrêté par la police française le 23 octobre 1943 dans un hôtel d’Aubervilliers, rue du Pont-Blanc. Interrogé une semaine à la Préfecture de police, il est livré en novembre à la Gestapo allemande qui le place au secret à la prison de Fresnes. Jugé expéditivement par le Tribunal Militaire Allemand de Suresnes le 28 janvier 1944, Adolphe Wersand est condamné à mort. Désigné comme otage, il est réincarcéré à Fresnes, d’où il est transféré au Mont Valérien le 14 février. Il y est fusillé le jour même dans la clairière avec trois autres otages. « J’ai combattu pour votre Liberté et je ne regrette rien. Je meurs en vrai Français » écrit-il dans sa dernière lettre à sa famille et à ses proches.

Son père, Adolphe Théodore, décède peu après, le 28 juin 1944, tué d’un éclat de bombe à la tête, au carrefour de la Croix-de-l’Ermite (future place du 16 août 1943) lors d’un bombardement de Dugny.

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